« Ecoute le chant du vent », premier chef d’oeuvre d’Haruki Murakami

– Tu sais, tout le monde n’a pas les mêmes chances dans la vie.

-Qui a dit ça ?

-John F. Kennedy.

Il y a bientôt quatre ans, à peine entré au lycée, je parcourais les rayons du CDI en cherchant un livre à présenter à la classe. Passionné de littérature, ce devoir se ferait aisément, je pensais. Le choix a été catégorique, vu qu’un auteur contrastait avec les autres. Le seul auteur au nom japonais sur les rayons, un certain Haruki Murakami. Le roman que j’ai choisi était Kafka sur le rivage, une réédition à la couverture sobre et au nom intrigant. Ce n’est qu’un mois plus tard que j’appris qu’il s’agissait d’un des ouvrages les plus populaires de cet auteur et que j’avais fort bien choisi d’entamer ma découverte de cet artiste des lettres par cet ouvrage. Et puis, après avoir lu la trilogie 1Q84 et quelques unes de ses œuvres, je tombe par hasard il y a de cela moins d’un mois sur une réédition de ses deux premiers textes, Ecoute le chant de la mer et Flipper, 1973. 

Après un achat compulsif, je me suis mis à douter, est-ce que je retrouverais le Murakami qui m’a fait vibrer ? Il disait lui-même que sa première trilogie dite « du Rat » ou encore « écrits sur la table de la cuisine » avaient été une torture pour lui, simple gérant d’un bar à Jazz. Pourtant, en lecteur assidu, il a quand même pondu ces deux écrits. Je me suis donc lancé, la veille de la rédaction de cet article, à la lecture du premier, croisant les doigts pour retrouver le Murakami que je connaissais.

Et bon Dieu, j’ai pas été déçu.

Il est un écrivain que l’on a du mal à cerner. Ce premier roman est clairement la marque du commencement d’une longue histoire. Il est ici un style très brouillon, certes, mais dans lequel on trouve une empreinte assez unique, une sorte de mélodie à la lecture, une certaine nostalgie qui montre fièrement qui est Murakami. L’histoire se base dans un Japon moderne, aux alentours des années 1970. C’est les vacances d’été, les étudiants rentrent dans leurs villes natales et profitent de leurs amis, de la plage, de la piscine, des bières et des frites dans un bar peu rempli. Le personnage narrateur ne porte pas de nom, comme les quelques autres de l’histoire qui sont souvent appelés par des pseudonymes comme « le Rat » ou encore « J. ». Ce qui est étrange dans cette oeuvre, c’est que le lecteur est volontairement perdu. D’un chapitre à l’autre on passe d’une discussion de comptoir au lit d’une jeune fille à quatre doigts, le tout en passant par des vagues souvenirs de la seconde guerre. Parfois même, on ne sait pas si celui qui nous parle est le personnage ou l’auteur, et là arrive le génie. Murakami nous écrit un texte flou mais qui garde une certaine cohérence, l’histoire qu’il nous raconte, ce n’est pas l’histoire juste celle d’un étudiant en biologie, c’est celle de n’importe quel jeune de cette époque, c’est l’histoire de n’importe qui. Ce que nous suivons, c’est plus qu’un simple récit.

Je parlais il y a peu des références à la seconde guerre, références qui sont certes noyées dans le flot du récit mais qui sont tout de même marquantes. Marquantes car dans n’importe quel ouvrage relatant cette période, on s’attend à une critique de l’Allemagne d’Hitler, on s’attend à de la tristesse, de la peine. Ici, rien de tout ça. Ce qui est narré l’est avec une certaine objectivité, un détachement. Un peu le même détachement que celui des étudiants ou des lycéens qui pensent plus aux noms des avions qui passent au dessus de leur tête qu’à la guerre en elle-même.

-Je me rappelle avoir vu un DC-6, un DC-7, et un Jet-Sabre.

-C’était il y a longtemps.

-Oui ça remonte à l’époque d’Eisenhower.

Les textes de Murakami, du moins ceux qui ont été traduits et que j’ai lu, sont souvent empreints de cette nostalgie, de cette innocence limite enfantine. Et pourtant les thèmes qu’il aborde sont extrêmement adultes. La Philosophie, la Guerre, la Solitude, le tout dans des récits mélodieux et poétiques. Parfois fantastiques, les œuvres de Murakami sont des classiques de la littérature japonaise, au même titre que les textes de Soteki.

Saluons également le travail d’Hélène Morita, traductrice, qui a su faire honneur à la plume d’un grand de l’écriture.

 

S’il fallait conclure, je donnerais des conseils. Tout simplement, je vous conseillerais de vous attarder sur cet auteur, même si vous n’êtes pas particulièrement littéraires ou que vous n’êtes pas forcément de gros lecteurs.De la même manière je vous conseille de commencer par des textes comme Kafka sur le rivage qui sont, à mon sens, moins singuliers que celui-ci mais également plus simples pour découvrir l’auteur de part la forme du texte et surtout par l’histoire envoûtante qui sera à mon sens un critère important pour que vous vous attachiez à cet auteur qui, toujours selon moi, vaut le détour.

Well East coast girls are hip

I really dig those styles they wear

And the southern girls with the way they talk

They knock me out when I’m down there

The Mid-West farmer’s daughters really make you feel alright

And the Northern girls with the way they kiss

They keep their boyfriends warm at night

I wish they all could be California…

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s